Créée il y a plus de quarante ans, May B a marqué un tournant dans l’histoire de la danse contemporaine. Inspirée par l’univers sombre et burlesque de Samuel Beckett, Maguy Marin y invente une écriture radicale où la marche devient langage.
Au début des années 1980, alors que la danse contemporaine française invente ses propres formes, May B s’impose comme une œuvre de rupture. La pièce développe une danse élémentaire où la marche, le rythme et le souffle dessinent une cadence obstinée. Dix interprètes au visage blanchi d’argile avancent dos courbé, figures sans âge, grotesques et bouleversantes, comme guidées par une pulsation commune. Entre silences tendus et musiques de Franz Schubert et Gavin Bryars, surgissent bal grotesque, farandoles dérisoires et éclats de joie éphémères. May B conserve intacte sa force puissance de choc et son regard lucide sur la condition humaine.
May B ne vieillira jamais, ballet intemporel dont la force saisit chacun. Les Échos






