Thomas Ostermeier électrise Le Canard sauvage d’Henrik Ibsen dans une version contemporaine aux accents metal, première en France depuis sa création au Festival d’Avignon en 2025.
Dans la famille Ekdal, le père se rêve inventeur, l’aïeul ruiné vit dans ses souvenirs et l’adolescente Hedvig souffre d’une étrange maladie des yeux. L’équilibre familial tient dans ses silences, jusqu’au retour de Gregers Werle, animé par une foi absolue dans la vérité, qui précipite inexorablement la chute de cette famille.
Dans cette version resserrée du Canard sauvage, Thomas Ostermeier fait voler en éclats les secrets de famille. La langue se fait plus directe, le jeu des interprètes est incisif, les figures féminines gagnent en ampleur.
La vérité, érigée en idéal, cesse d’être réparatrice et devient mortifère. Le dramaturge allemand sonde, avec acuité, ce point de rupture, au coeur de la tragédie d’Ibsen.
Il n’y a rien dans l’adaptation et la mise en scène affûtée que signe de ce drame Thomas Ostermeier qui modifi e ou édulcore la violence de la tragédie. (…) Juste le propos ibsénien plaqué là (…) et qu’incarnent de formidables comédiens qui propagent le venin de la défaite sans antidote envisageable. Le Monde






