Vingt ans après la création de cette Religieuse remarquée, Anne Théron reprend son adaptation de Diderot. Un brûlot anticlérical transformé en vertigineuse performance physique, pour une comédienne habitée, de multiples voix, et un somptueux dispositif scénographique.
La première chose qui saute aux yeux, c’est cet immense drapé de tissu blanc, qui couvre le plateau du sol au fond de scène. Comme pour tapisser la cellule de Suzanne Simonin, seule dans cet espace immaculé qui se soulèvera pour l’envelopper jusqu’à menacer de l’engloutir, et pourra se transformer en soutane ou camisole, elle livre un combat viscéral contre l’effacement de son identité.
Au-delà de l’enfermement, elle se trouve violemment dépossédée de sa voix. Une performance qui s’appuie tout autant sur l’énergie du mouvement que sur le bouillonnement de la parole.
Transformant le brûlot anti-religieux de Diderot en une ode dédiée au combat des femmes pour leur liberté, Marie-Laure Crochant s’impose en comédienne d’exception. Les Inrocks
Il y a dans ce spectacle une idée scénographique d’une beauté et d’une intelligence à couper le souffle : un grand drapé d’étoffe blanche qui sera tour à tour camisole de force, robe de mariée et linceul. (…) Ce qui compte, ici, n’est pas tant l’histoire de Suzanne que la manière dont elle la raconte – la manière dont sa mémoire s’écrit et s’inscrit dans son corps. Et la tentative d’écrire une libération. Le Monde




