DANSE


WINTERREISE

Franz Schubert/Angelin Preljocaj

  • Grand Théâtre
  • Tarif B

Création 2019

Chorégraphie: Angelin Preljocaj
CCN Aix-en-Provence/Ballet Preljocaj

Musique: Franz Schubert Die Winterreise

Pièce pour 12 danseurs

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«Le ballet pour 12 danseurs Winterreise, qui a gardé le titre du plus célèbre cycle de Lieder de Franz Schubert, suit les images évoquées par le poème de Wilhelm Müller, son impressionnisme romantique ainsi que les émotions et les sentiments qu’il transmet. La base dramatico-chorégraphique est celle d’un long suicide au ralenti. Quelqu’un veut mourir et se laisse transporter dans un voyage d’hiver: tout ce qu’il voit et rencontre le conduit vers ce but motivé par un amour perdu. Aucun danseur en particulier n’interprète le voyageur solitaire ; au contraire, les facettes toujours changeantes de sa personnalité et ses différentes façons d’aborder les autres sont exprimées par des solos et des duos autant que par la diversité des interprètes. Le voyageur est un homme mais ce pourrait être Schubert lui-même, son côté féminin ou même une femme. La dramaturgie chorégraphique du ballet permet le passage de genre, du masculin au féminin. Plus encore: en suivant le fil de l’ambiguïté, la mort vers laquelle se dirige le voyageur pourrait n’être qu’hypothétique ou coïncider avec la petite mort (cette métaphore bien connue de l’orgasme), c’est-à-dire avec la recherche d’une jouissance finale. La scénographie, les costumes et le jeu des lumières accentuent encore l’atmosphère de mélancolie romantique du ballet, où la volupté de la souffrance s’accompagne de l’idée de la mort conçue comme un plaisir. Le voyage est dominé par le noir mais, comme dans le poème de Müller, il laisse affleurer l’espérance et une certaine lumière, si faible soit-elle. Sur le plateau, on assiste à une progression qui va de la couleur la plus sombre à des teintes romantiques, qui deviennent finalement des demi-teintes. L’apparition de la couleur correspond à une sorte de mirage, comme quand, en plein désert, on a l’impression de voir apparaître une oasis et on se réjouit de son salut, mais ce n’est qu’une illusion. En suivant le langage musical schubertien, si riche en subtilités rythmiques, le protagoniste et ses multiples aspects personnifiés par les autres danseurs participent à la création d’une possibilité de salut qui restera irréelle. Ainsi, il peut poursuivre son voyage, mais c’est un faux avancement: le voyageur retournera sans doute vers son désespoir.»

Angelin Preljocaj


En janvier 2019, Angelin Preljocaj signe une nouvelle création pour le Ballet de la Scala de Milan, une première mondiale dans le cadre du cycle vertueux et stimulant des ballets sur musique de chambre orchestré par le Théâtre de la Scala. Pour la première fois, le chorégraphe choisit de travailler sur une œuvre de Franz Schubert, Die Winterreise (Le voyage d’hiver), chef-d’œuvre du compositeur autrichien. Une partition pour piano et voix sur des poèmes de Wilhelm Müller, partition dont on connaît la profonde mélancolie et dont les épisodes rythment la marche désespérée d'un homme éconduit par sa bien-aimée. Une plongée dans l’univers poétique des lieder.