THÉÂTRE


VARIATION D'APRÈS HAMLET

Il nous faut arracher la joie aux jours qui filent

  • Grand Théâtre
  • Tarif A

Dans le cadre de la Résidence de production aux Gémeaux

Création

Adaptation et écriture : Benjamin Porée et Mathieu Dessertine

Mise en scène et vidéo : Benjamin Porée

Scénographie : Benjamin Porée et Lucien Valle
Régie générale : Louise Douet Sinenberg
Création lumière : Lucien Valle
Création son : Thibault Hedoin
Costumes : Marion Moinet

Avec :
Matthieu Dessertine
Maëlia Gentil
Christophe Grégoire
Nicolas Grosrichard
Mila Savic
Pierre-Alain Chapuis
Raphaëlle Uriewicz : cameraman au plateau

Production, administration, diffusion : La Magnanerie – Julie Comte, Victor Leclère, Anne Herrmann et Martin Galamez

Production : La Musicienne du Silence
Coproduction : Gémeaux/Sceaux/Scène Nationale, Le Parvis, Scène Nationale de Tarbes-Pyrénées

Avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication – Direction régionale des affaires culturelles Île-de-France et la Région Île-de-France.

La Musicienne du Silence est en Résidence de Production aux Gémeaux/Sceaux/Scène nationale.

Attention ! Nouveaux horaires : 20h sauf les 13 et 16 décembre !


Que ne sait-on pas d’Hamlet ? Quelles profondeurs reste-t-il à sonder entre les lignes d’une des pièces les plus célèbres de Shakespeare ? Longtemps Benjamin Porée a rechigné à mettre en scène le dramaturge anglais jusqu’à ce projet. Accompagné de Mathieu Dessertine, il propose une manière nouvelle d’imaginer la pièce : écrire plusieurs scénarios inspirés de la pièce et de sa grammaire shakespearienne, les retravailler avec les acteurs au plateau pour créer collectivement un travail scénique, filmique (donnant une part importante à des scènes filmées à l’extérieur du théâtre), invitant le spectateur dans la part de rêverie vaporeuse et irréelle de cette adaptation résolument actuelle et contemporaine.

 

Hamlet est une pièce sur la pensée intérieure, une réflexion sur le temps et la mort, sur la survie, tant de l’âme, que du corps, du Rêve. Me reste, après lecture(s), l’image d’un tombeau ouvert, le tombeau du Père, mais aussi du Fils, de nous-mêmes, de nos pensées. Hamlet est un être du temps, il parle à travers le théâtre, il pense sur le plateau, là, devant nos yeux et sa voix est une Histoire qui nous contient tous. Au départ et au cœur de ce nouveau projet prédomine le désir d’une création. Comme d’autres écrivains de théâtre avant moi je veux écrire cette histoire en me projetant dans cet Hamlet qui est « moi ». Apporter par l’écriture un regard nouveau sur ses personnages. Partir du Hamlet de Shakespeare, mais aussi des autres Hamlet qui existaient avant lui. Pour élargir le champ des possibles, des variations, et créer le mien. Travailler sur cette figure mythique de la Pensée, ce questionneur du réel (« être ou ne pas être ? »). Travailler sur le monologue. Pénétrer au cœur et dans la chair des six personnages, explorer leur pensée vivante, en train de se faire. Utiliser le plateau comme un terrain possible de son expression, de son cri, de sa matérialisation. L’homme ne peut jamais s’arrêter de penser, de Se penser. C’est cette pensée sur soi qui est le sujet principal de la pièce, là où elle tend à l’universel. « Il nous faut arracher la joie aux jours qui filent » (un vers du poète Vladimir Maïakovski) comme pour parler de la volonté d’Hamlet de lutter corps à corps avec « le tumulte de vivre ». Pour moi, Hamlet est à l’image de cette notion de « volonté de puissance », la volonté de devenir Soi. Être un « Vouloir », vouloir être ou ne pas être Hamlet ? Vouloir / Pouvoir être qui l’on est ?

Hamlet au cœur de ce Rien, ce Néant qui l’angoisse tant. Dans la version en cours d’écriture avec Mathieu Dessertine, il parle dès le début de la pièce, dans le noir, à son père mort, mais ne l’a pas vu. Nous pourrions être dans sa tête, dans un Rêve, mais celui de qui ? Tenter de brouiller les pistes, de côtoyer l’irréel, d’articuler le spectacle dans une réalité spatio-temporelle éclatée. Questionner cette tragédie de famille, cette intimité à feu et à sang, et cette question brûlante de la foi, de la religion, et de l’interdit (en l’occurrence celle du suicide). Et enfin en rapport à mon parcours plutôt classique dans l’approche des textes, je veux explorer des zones nouvelles, qui m’appellent de plus en plus. Retrouver plus de liberté par rapport au texte, ramener plus de corps au plateau, continuer à développer mon univers visuel inspiré par le cinéma et la vidéo.

Benjamin Porée