THÉÂTRE


LE JEU DES OMBRES

Valère Novarina / Jean Bellorini

  • Grand Théâtre
  • Tarif B

Création
Cour d’Honneur du Festival d’Avignon 2020 annulée

Un spectacle de Jean Bellorini / TNP Villeurbanne
Direction musicale : Sébastien Trouvé
En collaboration avec Jérémie Poirier-Quinot
Scénographie : Jean Bellorini, Véronique Chazal

Avec :
François Deblock, Mathieu Delmonté, Karyll Elgrichi, Anke Engelsmann, Aliénor Feix, Jacques Hadjaje, Clara Mayer, Liza Alegria Ndikita, Hélène Patarot, Marc Plas, Ulrich Verdoni
Anthony Caillet : euphonium, Pauline Duthoit : trompette, Clément Griffault : piano, Barbara Le Liepvre : violoncelle, Louise Ognois : trombone, Benoit Prisset : percussions, Nicolas Vazquez : trombone

Production :
Théâtre National Populaire ; La Criée - Théâtre national de Marseille
Coproduction :
ExtraPôle Provence-Alpes-Côte d’Azur ; Festival d’Avignon, Théâtre de Carouge ; Grand Théâtre de Provence-Aix-en-Provence ; Théâtre de la Cité-CDN Toulouse Occitanie ; Les Gémeaux/Sceaux/Scène Nationale ; Anthéa-Antipolis Théâtre d’Antibes, Théâtre Gérard Philipe-centre dramatique de Saint-Denis, Le Quai – CDN Angers Pays de la Loire, Scène Nationale du Sud-Aquitain ; MC2 : Grenoble, Scène Nationale ; Châteauvallon-Liberté Avec le soutien de : Evergrande Tourism Group–Chine
« La raison de mon voyage, c’est mon épouse ; une vipère, sur laquelle elle mit le pied, a répandu dans ses veines un venin qui interrompit le cours de ses années. J’ai voulu trouver la force de supporter cette perte, et je ne nierai pas de l’avoir tenté ; l’Amour l’a emporté. C’est un dieu bien connu au-dessus d’ici, sur la terre. L’est-il aussi chez vous ? »

Les Métamorphoses X/25-62, Ovide,
traduction Joseph Chamonard


Résumé : L’Orfeo de Claudio Monteverdi
Alors que bergers et nymphes chantent l’amour d’Orphée et Eurydice, Orphée prie le soleil de bénir son couple. Tout entier à son bonheur, il chante pour les arbres, les Dieux, et par la magie de ses vers, parvient même à émouvoir les pierres. Soudain, la Messagère vient annoncer à l’assemblée horrifiée la mort subite d’Eurydice, mordue par un serpent. Brisé, Orphée décide de rejoindre son amour au royaume des morts. Guidé prudemment par l’Espérance, il parvient aux Enfers. Là, il doit franchir le Styx, que Charon lui interdit, malgré ses chants envoûtants. Mais Orphée déjoue les pièges... et passe. Pour récompenser sa témérité, Pluton décide de lui rendre Eurydice, à condition toutefois qu’il ne se retourne pas vers elle lors de son retour sur terre. Les retrouvailles d’Orphée et Eurydice sont de courte durée, car sitôt leur voyage entamé, Orphée succombe à la tentation et regarde son Eurydice – perdue à tout jamais. Accablé, il choisit de renoncer à l’amour, avant que son père, le Dieu Apollon, ne le mène au ciel, d’où il pourra admirer pour l’éternité sa chère Eurydice.

Beaucoup de gens très intelligents aujourd’hui, très informés, qui éclairent le lecteur, lui disent où il faut aller, où va le progrès, ce qu’il faut penser, où poser les pieds ; je me vois plutôt comme celui qui lui bande les yeux, comme celui qui a été doué d’ignorance et qui voudrait l’offrir à ceux qui en savent trop.
Un porteur d’ombre, un montreur d’ombre pour ceux qui trouvent la scène trop éclairée : quelqu’un qui a été doué d’un manque, quelqu’un qui a reçu quelque chose en moins.
Je continue, je quitte ma langue, je passe aux actes, je chante tout, j’émets sans cesse des figures humaines, je dessine le temps, je chante en silence, je danse sans bouger, je ne sais pas où je vais, mais j’y vais très méthodiquement, très calmement : pas du tout en théoricien éclairé mais en écrivain pratiquant, en m’appuyant sur une méthode, un acquis moral, un endurcissement, en partant des exercices et non de la technique ou des procédés, en menant les exercices jusqu’à l’épuisement : crises organisées, dépenses calculées, peinture dans le temps, écriture sans fin.
Tout ça, toutes ces épreuves, pour m’épuiser, pour me tuer, pour mettre au travail autre chose que moi, pour aller au-delà de mes propres forces, au-delà de mon souffle, jusqu’à ce que la chose parte toute seule, sans intention, continue toute seule, jusqu’à ce que ce ne soit plus moi qui dessine, écrive, parle, peigne.

Valère Novarina