THÉÂTRE


LE JEU DES OMBRES

Jean Bellorini

  • Grand Théâtre
  • Tarif B

Un spectacle de
Jean Bellorini / TNP Villeurbanne

Direction musicale :
Sébastien Trouvé

De Valère Novarina
Avec le Jeu des Ombres, Valère Novarina propose sa propre vision du mythe d’Orphée et Eurydice dont l’intrigue a été adaptée maintes et maintes fois dans l’histoire de l’art. Légende emblématique de la mythologie grecque, l’histoire d’Orphée et Eurydice aborde des thématiques universelles telles que la vie, la mort et l’amour. Orphée et Eurydice s’aiment passionnément mais un drame va les séparer. Lors de leurs noces, Eurydice, nymphe protectrice des forêts, est mordue par un serpent. Cette morsure fut mortelle. Eurydice descend ainsi au royaume des morts, les Enfers. Orphée quant à lui, n’envisage pas de laisser sa bien-aimée entre les griffes d’Hadès, dieu des Enfers. Après avoir réussi à endormir grâce à sa lyre le gardien du royaume des morts, Cerbère, terrifiant chien à trois têtes, Orphée parvient à convaincre Hadès de ramener Eurydice à la vie. En revanche, une condition est posée : Eurydice suivra en silence les pas d’Orphée, et ce dernier ne devra en aucun cas se retourner pour regarder sa bien-aimée ou même lui parler. Au cœur d’un périple entre Enfers et le monde des vivants, règne un silence mortel. N’entendant plus les pas d’Eurydice, Orphée, pris d’une terrible peur d’avoir perdu son amour, ne peut résister à l’envie de se retourner. La condition préalablement établie n’ayant pas été respectée, Orphée perdit Eurydice à jamais. Inconsolable, le chagrin emportera Orphée quelques temps plus tard.

En 1607, Claudio Monteverdi présente son interprétation du mythe avec un opéra, considéré d’ailleurs comme le premier opéra dans l’histoire de la musique classique : Orfeo. S’éloignant des canons de la renaissance, cette œuvre opératique est un véritable bouleversement dans la musique et inspirera Valère Novarina pour son adaptation du mythe. Écrit en cinq actes, la personnalité du protagoniste principal, Orphée, en est le sujet principal. Un aspect de sa personnalité est dévoilé à chacun des actes.
À l’image du grand compositeur qu’est Monteverdi, Valère Novarina tend à apporter sa nouveauté à la mythique histoire d’Orphée et Eurydice. Il s’agit ici d’une réécriture théâtrale du mythe, innovante par son approche visionnaire de l’œuvre. Le langage est fondamental dans l’adaptation présentée. Il le manipule, le transcende dans un but tantôt utilitaire, permettant de communiquer, tantôt poétique, dessinant un ailleurs. La pièce prend une dimension philosophique. Sur la musique écrite par Monteverdi, cette création mêle savamment les genres et les époques. Malgré une interprétation unique, Novarina ne recherche pas à dénaturer le mythe, bien au contraire, sa version reste fidèle au mythe originel. Le jeu des ombres, au-delà de conter l’histoire du couple divin, insiste davantage sur l’humain et sa quête insatiable et désespérée de l’immortalité. Sur scène, les personnages évoluent dans un environnement chaotique, dans un monde tourmenté où tout semble s’anéantir. Les deux protagonistes principaux, Orphée et Eurydice, sont accompagnés sur scène de neufs acteurs, sept musiciens et deux chanteurs. Ils semblent fusionner.