DANSE


DANSER CASA

Kader Attou / Mourad Merzouki

  • Grand Théâtre
  • Tarif A

Dans le cadre du Festival Kalypso

Création 2018

Direction artistique & chorégraphie :
Kader Attou et Mourad Merzouki

Pièce pour 8 danseurs
Danser Casa évoque bien sûr Casablanca où se sont retrouvés nos deux pointures internationales du hip hop que sont Kader Attou et Mourad Merzouki. Voilà bien 20 ans qu’ils n’avaient pas chorégraphié ensemble, même s’ils avaient déjà collaboré pour un projet en 2003 en Algérie avec Mekech Mouchkine.
Entre temps, chacun a développé sa veine créatrice singulière, et tous deux ont été nommés à la tête de Centres chorégraphiques nationaux. Ils se retrouvent autour de ce projet avec le défi d’une création commune qui a pour ambition de mettre en lumière le talent des danseurs marocains. Issus de parcours
hétéroclites et de villes différentes, ces huit danseurs (une femme et sept hommes) sont fiers d’avoir été choisis parmi 186 hip-hopeurs présents à l’audition. Chacun est choisi pour son talent, sa personnalité et sa capacité à être force de propositions dans cette aventure artistique. Avec l’audition, les résidences
de répétitions, la tournée au Maroc puis à l’étranger, cette production suit le processus traditionnel de création, avec la particularité de s’inscrire sur le temps d’une année pour créer une dynamique de professionnalisation. Dans la dernière phase de création, les chorégraphes s’inspirent de la personnalité de chacun et de l’effervescence de la ville de Casablanca pour imaginer ce nouveau spectacle et le spectacle brulant du désir de ces jeunes danseurs. Avec une musique envoutante et des chorégraphies haletantes, il raconte la tension de la ville marocaine, entre une violence larvée toujours prête à éclore, et un amour puissant qui ne se dit jamais. Tantôt les danseurs se jaugent et s’affrontent dans des duels nerveux, tantôt leurs corps entremêlés restituent l’énergie d’un atome en fusion. La force brute qui les soulève, l’animalité soudaine qui les saisit, les véritables risques qu’ils prennent dans leurs acrobaties, tout ceci contribue à créer le climat tendu d’un danger imminent, d’où émergent in extremis des moments suspendus de pure beauté, dans lesquels la grâce et la douceur viennent sublimer le déchainement qui a précédé. On peut y sentir la compétition des égos, l’envie de s’en sortir par le haut, la nécessité de mettre en jeu sa vie, et la détente parfois qui revient grâce à l’humour, le soulagement enfin de faire la fête et de chanter. L’humanité entière s’y retrouve, contradictoire et complexe, livrée à une pulsion de vie communicative et entêtante. Cette énergie de vie qui nous parvient, c’est l’émotion intense de la jeunesse marocaine, la violence de sa condition, le souffle de son désir.