MUSIQUE


CANTATES PROFANES

Benoît Haller / La Chapelle Rhénane

  • Grand Théâtre
  • Tarif B
Dans le cadre de la Résidence de production aux Gémeaux

Création

Johann Sebastian Bach (1685-1750)
Cantate BWV 201
Geschwinde, ihr wirbelnden Winde !
Cantate BWV 213
Laßt uns sorgen, laßt uns wachen !

Coproduction
La Cantate BWV 201 fut probablement la dernière cantate profane à être réinterprétée en 1749, deux années avant la mort de Bach. L’événement qui suscita l’œuvre nous est encore inconnu. Probablement était-ce en l’honneur de la famille du prince électeur de Dresde. En revanche, son année de création nous est connue (1729). La dispute mythique dont il va être question ici, met en scène Phoebus et Pan. Après un chœur introductif, la dispute adaptée des Métamorphoses d’Ovide (11.146-193), nous montre le roi Midas encore en proie à un premier caprice : tout ce qu’il touche devra se transformer en or ! Le voici prêt à faire à nouveau un mauvais choix : préférer la musique de Pan à celle de Phoebus. Mais ne nous méprenons pas, il s’agit bien ici d’un concours de chant dont Phoebus sortira vainqueur. Afin de le punir de cette folie, Midas sera affublé d’oreilles d’âne, tandis qu’un motif musical rappelant justement l’âne sera chanté par Mercure, dieu de la métamorphose. Le chœur final proclamera la victoire des cordes gracieuses sur les vents furieux du chœur introductif. Bach a gratifié chaque personnage d’une psychologie bien différenciée, en variant les caractéristiques musicales de chacun de leurs airs. C’est donc à Phoebus qu’il est donné de chanter le plus bel air : quoi de plus normal, c’est lui qui sort vainqueur de cette dispute. Midas, lui, aura son lot de consolation : des oreilles d’âne !
Le 5 septembre 1733, dans le jardin du Café Zimmermann, avait lieu un festival de musique célébrant l’anniversaire du prince Friederich Christian : on donna la Cantate BWV 213 Hercules auf dem Scheidewege, Hercule à la croisée des chemins. La figure d’Hercule, souvent représentée à l’époque baroque pour symboliser les monarques, est ici censée incarner le jeune prince : ainsi qu’Hercule – le dieu Mercure le dévoile à la fin de l’ouvrage –, le prince alors âgé de onze ans avait déjà décidé d’emprunter l’épineux chemin de la vertu plutôt que celui, plus confortable, de la lascivité. Le sous-titre dramma per musica indique clairement que l’ouvrage comporte de nombreux aspects assez dramatiques provenant de l’opera seria : vice et vertu, dans un dialogue assez tendu, combattent pour attirer l’attention du prince. Avec ce programme, la Chapelle Rhénane fête ses dix ans de résidence de création et de médiation au Théâtre des Gémeaux. Au cours de ces dix années, l’ensemble aura eu l’opportunité, grâce à Françoise Letellier, de parcourir le répertoire baroque et plus particulièrement les oratorios de Bach : Passion selon Matthieu (2009), Oratorio de Noël (2010), Messe en Si mineur (2014) et Passion selon Jean (2015).