DANSE


14’20’’/FALLING ANGELS/PETITE MORT

Jirí Kylián / Ballet de l’Opéra national de Lyon

  • Grand Théâtre
  • Tarif A

Les Rendez-Vous Chorégraphiques de Sceaux

Chorégraphie : Jirí Kylián
Explorer les recoins de l’âme humaine. C’est à ce fascinant voyage que convie l’œuvre de Jirí Kylián. Les trois pièces présentées ne manquent pas à la règle, qui sont autant d’états du cœur angoissés, révoltés, amoureux ou amusés, mais toujours incroyablement libres.

14’20’’
Musique Dirk Haubrich (composition originale basée sur Gustav Mahler)
Cinq ans après le fascinant 27'52'', dont le titre annonçait précisément la durée, Jirí Kylián en présentait, lors d’un gala en Italie, un extrait tout aussi précisément minuté intitulé 14'20''. Comme l’ensemble du ballet, ce duo est sur le thème du temps, cette entité qui « régit nos vies alors que nous ne savons même pas la définir ». Ainsi que le précise malicieusement le chorégraphe, sa pièce évoque aussi « la vitesse, l’amour, l’action ; soit quelque chose de très simple mais aussi d’incroyablement compliqué et de complètement inexplicable ! ».

Falling Angels
Musique Steve Reich, Drumming / part I (1970/71), musique pour quatre percussionnistes
Sur les percussions implacables du Drumming de Steve Reich, huit danseuses explorent les deux injonctions qui président à toute création humaine : la liberté et la discipline. Dans cet enjeu contradictoire se situe précisément l’art de la performance, auquel elles rendent quinze minutes durant le plus vibrant des hommages. Falling Angels laisse ainsi affleurer l’angoisse, la vulnérabilité, le sens de l’humour et la géniale folie qui caractérisent chaque interprète mais aussi tout être humain, écartelé entre interdépendance et désir d’autonomie. C’est Kylián lui-même qui règle les lumières de ce magnifique octuor dont les solos, duos et figures de groupe semblent découpés dans l’espace.

Petite Mort
Musique Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano n°23 en la majeur K.488 – Adagio, Concerto pour piano n°21 en ut majeur K. 467 – Andante
Avec un titre aussi ambigu, Jirí Kylián joue de nos sens. Cette Petite Mort désigne-t-elle une syncope, ou bien le moment suprême de l’extase amoureuse ? L’équivoque se prolonge lorsque le rideau s’ouvre sur six hommes au bras prolongé d’un fleuret et six femmes vêtues d’un simple bustier, puis protégées derrière une robe à panier. Sur l’adagio et l’andante des célèbres concertos pour piano numéros 23 et 21 de Mozart, les couples se livrent à une danse de désir et de mort. Provocation, séduction, danger, sexualité : les pas de deux sont d’une inépuisable inventivité. Jusqu’à l’acmé, qui donne son nom et son sens à la pièce. Créé en 1991 au festival de Salzbourg pour le bicentenaire de la mort de Mozart, ce chassé-croisé amoureux et guerrier n’a pas pris une ride.

Isabelle Calabre